Tour Triangle à Paris. L’énorme pyramide de verre approche enfin de son ouverture

3
Tour Triangle

Après des années de débats, de recours et de chantier, la tour Triangle doit être livrée en 2026, si le calendrier est tenu. Lancée à la porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris, cette silhouette signée Herzog & de Meuron s’annonce déjà comme l’un des marqueurs architecturaux majeurs du Paris contemporain. Avec ses 180 mètres de hauteur, elle deviendra l’un des plus hauts édifices de la capitale, derrière la tour Eiffel et la tour Montparnasse.

Le bâtiment développera 91 000 m² de surface totale, répartis sur 42 étages, avec une programmation mixte pensée pour faire de ce site un morceau de ville vertical plutôt qu’un simple immeuble de bureaux.

Sur environ 15 000 m² de services ouverts au public, la tour Triangle réunira notamment un hôtel Radisson Blu 4 étoiles de 128 chambres, une crèche, un centre de santé, un espace culturel, un belvédère, des restaurants, un bar panoramique et des commerces de proximité. Le projet prévoit aussi 70 000 m² d’espaces de travail, avec des bureaux, du coworking, des salles de réunion, ainsi qu’un centre de conférences avec auditorium. À cela s’ajoutent 3 500 m² d’espaces extérieurs et 750 m² de commerces de proximité. L’investissement global du projet est estimé à environ 700 millions d’euros.

Tour Triangle
Avancement des travaux au 19 avril 2026

Le projet remonte à 2008, à l’époque où Bertrand Delanoë dirige encore la Ville de Paris. Il s’impose depuis comme l’un des plus grands projets immobiliers engagés dans la capitale au XXIe siècle. Mais son histoire aura été tout sauf linéaire. Contestée pendant des années, attaquée sur les plans politique, juridique, urbanistique et écologique, la tour Triangle n’a réellement vu son chantier démarrer qu’à la fin de 2021, avant une montée en puissance en 2022.

Comme d’autres grands projets parisiens controversés, la tour Triangle a cristallisé des oppositions durables. Les critiques ont porté sur plusieurs points : la place d’une tour de bureaux dans un Paris qui entend limiter la grande hauteur, le poids carbone d’un bâtiment de cette ampleur, sa consommation énergétique, l’impact visuel sur le paysage parisien, mais aussi les ombres portées sur le voisinage. Ses défenseurs répliquent que sa forme triangulaire a justement été conçue pour réduire cette emprise visuelle et limiter la projection d’ombre sur les immeubles environnants.

La tour Triangle a été conçue par les architectes suisses Herzog & de Meuron, auteurs d’une œuvre mondiale qui va du stade national de Pékin à de grands projets culturels et urbains en Europe. Le chantier est porté par Unibail-Rodamco-Westfield et AXA IM Alts, avec la participation du groupe belge Besix à la construction. L’ambition affichée est claire : faire de Triangle un bâtiment mixte, actif du matin au soir, relié aux transports, aux usages quotidiens et à la vie métropolitaine.

Au-delà de sa silhouette de pyramide effilée, la tour Triangle veut incarner un changement d’époque dans le paysage parisien. Ses promoteurs y voient une architecture compacte, multifonctionnelle et plus efficace qu’un urbanisme dispersé. Ses opposants continuent, au contraire, d’y lire le symbole d’un urbanisme hors sol, coûteux et daté. À l’approche de sa mise en service, le bâtiment n’échappe donc toujours pas à la controverse. C’est même peut-être là l’un de ses traits les plus parisiens : avant même d’ouvrir, la tour Triangle est déjà un objet de débat public.

Tour Triangle
Martine Gatti
Martine Gatti est une jeune retraitée correspondante de presse locale à Paris et dans le pays de Ploërmel depuis bien des années.