Nuit des musées 2026. Au musée Guimet, la Corée éclaire la Fête des lanternes
Samedi 23 mai 2026, à l’occasion de la Nuit européenne des musées, le musée Guimet, à Paris, se mettra à l’heure coréenne. De 18 h 30 à minuit, le public pourra découvrir gratuitement les collections du musée, les expositions en cours, la Maison Guimet et une programmation consacrée aux rites, aux croyances et aux arts vivants de Corée.
Chaque printemps, la Nuit européenne des musées transforme les lieux de conservation en espaces de promenade, de curiosité et de découverte nocturne. Depuis 2005, cette manifestation permet au public de franchir gratuitement, à la tombée du soir, les portes de musées parfois intimidants le reste de l’année. En 2026, le musée Guimet, musée national des arts asiatiques, s’inscrit dans cet esprit d’ouverture avec une soirée entièrement tournée vers la culture coréenne.
Le samedi 23 mai 2026, de 18 h 30 à minuit, le musée accueillera les visiteurs pour une nocturne exceptionnelle autour de la Fête des lanternes. La soirée explorera les liens entre bouddhisme, chamanisme, mémoire rituelle et transmission artistique. Elle permettra également de redécouvrir gratuitement les collections permanentes du musée, les expositions K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène et Silla : L’Or et le Sacré, ainsi que la Maison Guimet, installée dans l’hôtel d’Heidelbach.

La Fête des lanternes, entre bouddhisme et chamanisme coréen
Moment central de la soirée, la Fête des lanternes sera célébrée dans la cour khmère du musée Guimet par la Compagnie coréenne Baru. Trois performances gratuites de vingt minutes seront proposées à 19 h, 20 h et 21 h. Cette tradition, liée à la naissance et à l’Éveil du Bouddha, prend ici la forme d’une traversée sensible des croyances fondatrices de la Corée, à la croisée du bouddhisme et des traditions chamaniques.
Le moine Subeom, aussi connu sous le nom de Kwon Li-hwan, président de Baru et détenteur du Yeongsanjae, patrimoine culturel intangible de Corée, interprétera les sutras associés à la célèbre danse des moines. Il sera accompagné de deux danseuses et chanteuses issues de la tradition chamanique, Pak Kee-ryang et Hong Hyo-jin, ainsi que du musicien Jeong Yeon-rak.
Jeong Yeon-rak, détenteur de la transmission du rituel Byeolsin de la côte est, est également l’auteur de lampes en papier traditionnel coréen. Ces lanternes envelopperont la performance d’une atmosphère à la fois poétique, rituelle et méditative. Dans l’espace du musée, elles feront dialoguer la lumière, le geste, la voix et la mémoire des pratiques spirituelles coréennes.

Kim Keum-hwa, grande figure du chamanisme coréen
La soirée proposera également une rencontre littéraire consacrée au chamanisme coréen. À 21 h 30, dans l’auditorium Jean-François Jarrige, Hervé Péjaudier présentera La Chamane aux dix mille Esprits : regard sur l’univers fascinant du chamanisme coréen. L’entrée est gratuite, avec réservation conseillée.
À partir du récit de vie de Kim Keum-hwa, Partager le bonheur, dénouer la rancœur, Hervé Péjaudier reviendra sur le destin de cette grande mudang coréenne, née en 1931 et disparue en 2019. Issue d’une lignée familiale marquée par les pratiques chamaniques, Kim Keum-hwa est devenue l’une des figures majeures de la sauvegarde et de la transmission de ces traditions. Reconnue Trésor national vivant en 1984, elle a contribué à faire connaître le chamanisme coréen bien au-delà de son territoire d’origine, sans jamais le détacher de son ancrage communautaire et spirituel.
La rencontre permettra de comprendre combien ces pratiques, longtemps fragilisées par l’histoire politique moderne de la Corée, n’appartiennent pas seulement au registre du folklore. Elles relèvent aussi d’une manière de penser le lien entre les vivants, les morts, les souffrances collectives et les formes possibles de réparation symbolique.

Durant cette rencontre sera projeté un documentaire réalisé par l’anthropologue Alexandre Guillemoz autour d’un rituel privé de la chamane Puchae à Séoul, dans les années 1980. Alexandre Guillemoz, ancien directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, a consacré une part importante de ses recherches à la Corée et à ses traditions rituelles. Une séance de dédicace est également annoncée à l’issue de la rencontre, autour des ouvrages Partager le bonheur, dénouer la rancœur, de Kim Keum-hwa, traduit par Han Yumi et Hervé Péjaudier, et La chamane à l’éventail, d’Alexandre Guillemoz.
La Maison Guimet et l’hôtel d’Heidelbach à redécouvrir
La Nuit des musées sera aussi l’occasion de découvrir la Maison Guimet, située 19 avenue d’Iéna, dans l’hôtel d’Heidelbach. Édifié en 1913 et rattaché au musée Guimet depuis 1991, cet hôtel particulier vient de rouvrir après rénovation. Il abrite des collections consacrées aux arts de vivre en Chine et au Japon, avec de remarquables ensembles de mobilier d’apparat, des paravents en laque et des objets liés à la culture du thé.
La visite découverte de la Maison Guimet et de son jardin se déroulera en continu de 18 h 30 à 22 h 30. Elle conduira les visiteurs au cœur d’un univers de raffinement, où les meubles impériaux chinois et les décors laqués révèlent un art minutieux de la composition, du symbole et du récit visuel.

Une attention particulière sera accordée au pavillon de thé, installé dans le jardin de bambous et de cerisiers. Réalisé en 2001 par des maîtres artisans venus du Japon, ce pavillon rappelle que l’art du thé n’est pas seulement une pratique de dégustation, mais une manière d’ordonner le temps, les gestes, l’espace et l’attention. Dans le cadre de cette nocturne, il offrira aux visiteurs une respiration à part, entre architecture, jardin et culture matérielle asiatique.

Une année coréenne au musée Guimet
Cette Nuit des musées s’inscrit dans une programmation plus large du musée Guimet consacrée à la Corée. En 2026, à l’occasion du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée, l’institution met en avant les multiples visages de la culture coréenne, entre traditions anciennes, puissance esthétique contemporaine et circulation mondiale des formes.
Avec les expositions K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène et Silla : L’Or et le Sacré, le musée relie deux temporalités très différentes. D’un côté, la diffusion planétaire de la beauté coréenne et de ses imaginaires contemporains. De l’autre, l’histoire du royaume de Silla, civilisation ancienne dont les trésors disent la puissance politique, religieuse et artistique. La Nuit des musées viendra ajouter à ce parcours une dimension vivante, sonore et rituelle.
Infos pratiques
Fête des lanternes — Nuit des musées 2026
Samedi 23 mai 2026
Musée Guimet, 6 place d’Iéna, 75116 Paris
Maison Guimet, hôtel d’Heidelbach, 19 avenue d’Iéna, 75116 Paris
Horaires : de 18 h 30 à minuit
Dernier accès : 23 h 30
Entrée libre et gratuite
Performances de la Compagnie Baru
À 19 h, 20 h et 21 h
Cour khmère du musée Guimet
Durée : trois performances de 20 minutes chacune
Gratuit
Rencontre littéraire avec Hervé Péjaudier
À 21 h 30
Auditorium Jean-François Jarrige
Gratuit, réservation conseillée
Visite découverte de la Maison Guimet et de son jardin
En continu de 18 h 30 à 22 h 30
Maison Guimet, hôtel d’Heidelbach
19 avenue d’Iéna, 75116 Paris
Gratuit

