L’exposition Henri Rousseau, l’ambition de la peinture, est à découvrir au Musée de l’Orangerie de Paris jusqu’au lundi 20 juillet 2026. Elle fait suite à l’exposition Henri Rousseau : A Painter’s Secrets, présentée d’octobre 2025 à février 2026 à la Barnes Foundation à Philadelphie aux États-Unis.
Le musée de l’Orangerie expose pour la première fois une soixantaine d’œuvres du peintre Henri Rousseau (1844-1910), analysée par l’institution américaine. Dix-huit tableaux ont ainsi été passés sous lumière directe, infrarouge, ultraviolette et rayons X, et jettent un éclairage nouveau sur la peinture et la carrière de ce peintre français souvent décrit comme naïf.
Parmi les œuvres examinées, Portrait de femme dans un paysage en 1899, ouvre le parcours de l’exposition, avec une végétation luxuriante.

Henri Rousseau, souvent tourné en dérision par la critique de son temps, et surnommé le Douanier Rousseau en raison de sa profession bien éloignée du monde de l’art, a fini par être salué comme un génie autodidacte. Le parcours thématique de l’exposition dévoile plusieurs facettes de sa personnalité : les toiles des débuts de carrière du peintre ; celles de ses années de maturité, à la fois ses petits formats peints à la hâte dans un souci de rentabilité ; ses peintures sur la jungle ; ses représentations féminines. Les toiles de Henri Rousseau sont toujours ouvertes à l’interprétation.


Trois des toiles les plus énigmatiques, entre peur et fantaisie, seront montrées pour la première fois côte à côte : La Bohémienne endormie (1897) ; Mauvaise surprise (1899-1901) ; et La Charmeuse de serpents (1907).

Biographie :
Henri Rousseau est né le 21 mai 1844 à Laval en Mayenne dans une famille modeste. Il est envoyé en pension par ses parents. Peu intéressé par l’école, il montre en revanche un amour pour le dessin. Adolescent, il entre comme commis dans une étude notariale à Nantes. Il arrive ensuite à Paris pour exercer la profession de clerc d’huissier, avant d’occuper un poste de commis qui consiste à collecter les taxes sur les marchandises qui pénètrent dans la capitale ; il contrôle donc aussi les entrées de boissons alcoolisées : cet emploi lui donne le surnom de Le Douanier Rousseau. Ce travail lui laisse suffisamment de temps libre pour s’adonner à la peinture
Toujours passionné par la peinture, Il peint de manière autodidacte complétée par quelques cours de formation au Louvre, et produit un grand nombre de toiles. Elles représentent souvent des paysages de jungle et des jardins botaniques, sans perspective. Leur aspect enfantin lui vaut beaucoup de moqueries et il est vu comme un amateur.


Henri Rousseau trouve le lieu où exposer ses œuvres : le Salon des Indépendants (créé en 1884), car il n’y a ni jury, ni récompense ! Par cette manière de peindre, jugée primitive, il exalte cependant le mythe de l’innocence. En 1891, Henri Rousseau débute le thème des jungles, qui va occuper une place importante dans son œuvre ; comme il n’a jamais quitté la France, son terrain d’exploration et d’inspiration devient le Jardin des Plantes à Paris, avec sa ménagerie et ses serres tropicales. Pour exemple, la toile ci-dessous, un ultime et immense chef-d’œuvre : Le Rêve . Elle associe avec originalité cet environnement exotique à un nu féminin, et crée une atmosphère mystérieuse et puissante, où se côtoient au clair de lune, des bêtes sauvages et un charmeur de serpent…

Trois ans plus tard, il entreprend de se consacrer uniquement à la peinture, même si sa situation financière est précaire ; A partir de 1894, Henri Rousseau vit essentiellement de leçons de dessin qu’il donne au sein d’une association ; il est également professeur de musique à ses heures. Au gré des expositions, il finit par séduire le marchand Wilhelm Uhde, et surtout le poète Guillaume Apollinaire qui devient l’un de ses plus fervents soutiens.

Henri Rousseau meurt le 2 septembre 1910 à l’hôpital Necker de Paris, des suites d’alcoolisme et d’une gangrène à la jambe. Il avait 66 ans. Sans argent, peu entouré, il est enterré dans une fosse commune. Ce n’est que bien plus tard, en 1947, que ses restes sont transférés dans sa ville natale.
Infos pratiques :
Exposition Henri Rousseau, l’ambition de la peinture, du 25 mars au 20 juillet 2026
Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Place de la Concorde – 1er arrondissement de Paris
Dates et horaires : lundi et du mercredi au dimanche : de 9h à 18h – Fermeture mardi
