Brest. Le Festival européen du film court prépare sa 41e édition au Quartz

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Brest Festival européen du film court

Du 10 au 15 novembre 2026, le Festival européen du film court de Brest reviendra au Quartz, scène nationale, pour une 41e édition consacrée à la jeune création cinématographique européenne. Organisé par l’association Côte Ouest, ce rendez-vous majeur du court métrage continuera de défendre les premiers films, les nouveaux regards et l’ancrage breton d’un cinéma en mouvement.

À Brest, novembre a depuis longtemps son rituel cinéphile. Dans la lumière froide de l’automne, alors que la rade se couvre de gris et que les salles retrouvent leur pouvoir d’abri, le Festival européen du film court de Brest rassemble chaque année spectateurs, réalisateurs, producteurs, programmateurs, étudiants, scolaires et curieux autour d’un format souvent trop vite résumé à sa brièveté. Le court métrage n’est pas un cinéma mineur. Il est un laboratoire, une prise de risque, un territoire d’essai où s’inventent des formes, des récits, des visages et parfois les premières secousses d’une œuvre à venir.

La prochaine édition se déroulera du mardi 10 au dimanche 15 novembre 2026, au Quartz, scène nationale de Brest. Elle marquera la 41e édition d’un festival né dans les années 1980 et devenu l’un des rendez-vous français les plus identifiés autour du court métrage européen. À travers ses compétitions, ses programmes thématiques, ses séances événements, ses rencontres professionnelles et ses propositions destinées au jeune public, le festival poursuit une ligne claire : faire découvrir le cinéma à l’endroit où il commence souvent, dans l’énergie fragile et décisive des premiers films.

Un festival pour les premiers gestes de cinéma

L’appel à films lancé par Côte Ouest pour l’édition 2026 précise l’esprit de la manifestation. Le festival s’adresse aux premiers films européens, réalisés en fiction en prise de vue réelle, d’une durée maximale de 30 minutes. Les films peuvent être autoproduits, produits professionnellement ou réalisés dans le cadre d’une école. Cette attention portée au premier geste n’est pas un simple critère technique. Elle constitue l’une des identités du festival : repérer les cinéastes au moment où leur langage se cherche, où leur regard s’affirme, où leur rapport au monde commence à prendre forme.

Le festival distingue notamment trois grandes compétitions. La compétition Europe est réservée aux premiers films produits ou coproduits majoritairement en Europe. La compétition France s’attache aux premiers films produits ou coproduits majoritairement en France. La compétition Bretagne demeure l’un des marqueurs forts du rendez-vous brestois, puisqu’elle met en avant les premiers films tournés et/ou produits en Bretagne. À Brest, l’Europe du cinéma ne se pense donc pas contre l’ancrage local, mais avec lui.

La maison pas très loin du Donegal
La maison pas très loin du Donegal de Claude Le Pape, film sélectionné lors d’une précédente édition en Compétition Bretagne.

La Bretagne, terre de tournages et d’émergence

Depuis plusieurs années, la place accordée à la création bretonne confirme l’importance du festival dans l’écosystème régional. La Bretagne n’est pas seulement un décor. Elle est un territoire de production, de tournage, de formation, de diffusion et de coopération professionnelle. Ses côtes, ses villes, ses campagnes, ses ports, ses zones industrielles, ses landes, ses intérieurs modestes ou ses paysages traversés de vent nourrissent des imaginaires variés. Mais cette force visuelle ne suffirait pas sans le maillage humain qui l’accompagne : sociétés de production, techniciens, auteurs, réalisateurs, comédiens, diffuseurs, festivals, associations et structures d’accompagnement.

La Compétition Bretagne donne une visibilité particulière à cette vitalité. Elle permet à des films tournés ou produits dans la région de rencontrer un public large, mais aussi des professionnels venus d’ailleurs. Pour de jeunes cinéastes, être sélectionné à Brest peut constituer un premier point d’appui, une reconnaissance, parfois même un déclencheur. Le court métrage y devient un passage. Non un exercice préparatoire sans valeur propre, mais une œuvre complète, ramassée, souvent intense, capable de révéler en quelques minutes une voix singulière.

Les Deux Couillons
Les Deux Couillons de Thibault Segouin, sélectionné lors d’une précédente édition.

Un format bref, une puissance longue

Le court métrage impose une économie particulière. Il faut entrer vite, installer un monde, ouvrir une tension, faire surgir un visage, parfois laisser une question sans réponse. Cette contrainte produit une intensité qui explique la fidélité du public brestois. On y découvre des films drôles, politiques, intimes, fantastiques, sociaux, expérimentaux, romanesques, documentés par le réel ou au contraire portés par la fable. Le format court a cette vertu rare : il permet de passer en une même séance d’un continent mental à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un trouble à un rire, d’un récit naturaliste à une échappée plus étrange.

À Brest, cette diversité prend une dimension européenne. Le festival fait circuler des films, mais aussi des sensibilités. Il rappelle qu’un jeune cinéaste portugais, islandais, belge, roumain, allemand, italien, français ou breton peut partager les mêmes inquiétudes qu’un spectateur de la pointe finistérienne, tout en les formulant depuis une histoire, une langue, un paysage et une manière de filmer profondément différents.

Kaolin Corentin Lemetayer Lebrize
Kaolin de Corentin Lemetayer Lebrize, film sélectionné lors d’une précédente édition.

Côte Ouest, une association au service de la diffusion et de l’éducation à l’image

Derrière le festival se trouve l’association Côte Ouest, structure organisatrice du Festival européen du film court de Brest. Son action ne se limite pas à la seule semaine de novembre. Elle s’inscrit plus largement dans la diffusion des œuvres cinématographiques, l’éducation à l’image, les rencontres avec les publics, les actions scolaires et les moments de découverte du court métrage tout au long de l’année. Le festival est ainsi la partie la plus visible d’un travail plus souterrain, mais essentiel : rendre les films accessibles, former les regards, créer des passerelles entre les œuvres et les publics.

Cette dimension éducative est l’un des atouts du rendez-vous brestois. Le court métrage se prête particulièrement bien à la transmission. Sa durée permet d’organiser des séances pour les plus jeunes, de comparer plusieurs écritures, d’ouvrir des discussions sur le montage, le cadre, le son, le jeu, le récit ou la mise en scène. À une époque saturée d’images rapides, le festival rappelle qu’apprendre à regarder demeure un enjeu culturel majeur.

Que règne le silence Lucas Trochet
Que règne le silence de Lucas Trochet, film sélectionné lors d’une précédente édition.

Les inscriptions 2026

Pour l’édition 2026, les inscriptions des films se font via la plateforme Short Film Depot. Les dates limites annoncées sont le 31 mars 2026 pour les films achevés en 2025 et le 8 juin 2026 pour les films achevés en 2026. Les œuvres inscrites sont considérées pour l’ensemble des programmes du festival, compétitions comprises, mais aussi pour les sections non compétitives lorsque leur profil s’y prête.

Outre les compétitions, le festival propose traditionnellement des programmes non compétitifs, des séances événements, des cartes blanches, des programmes autour de certains genres ou de certaines démarches, ainsi que des rendez-vous destinés au jeune public. La programmation complète de la 41e édition sera annoncée ultérieurement par Côte Ouest.

MIA Sydney Massicot-Gorneau
MIA de Sydney Massicot-Gorneau, sélectionné lors d’une précédente édition.

Brest, ville-écran

Le retour du festival au Quartz confirme aussi le rôle de Brest comme ville de cinéma. Ville portuaire, ville de reconstructions, ville de départs, de retours, de marges et d’horizons, Brest possède une énergie singulière pour accueillir un festival du court métrage. On y vient pour voir des films, mais aussi pour sentir une ville qui ne se donne jamais tout à fait d’un seul bloc. Cette rugosité, cette ouverture, cette manière de tenir ensemble l’intime et le large, conviennent particulièrement au court métrage.

En novembre 2026, les spectateurs retrouveront donc ce mélange qui fait le charme du festival : des films venus d’Europe, des œuvres bretonnes en quête de public, des cinéastes au début de leur parcours, des rencontres professionnelles, des séances pour les jeunes publics et cette joie très particulière de découvrir, avant les autres parfois, les premiers signes d’un cinéma qui arrive.

La Tourbière Brieuc Schieb
La Tourbière de Brieuc Schieb, film sélectionné lors d’une précédente édition.

Informations pratiques

Festival européen du film court de Brest – 41e édition
Du mardi 10 au dimanche 15 novembre 2026
Le Quartz, scène nationale de Brest
60 rue du Château, 29200 Brest
Organisation : association Côte Ouest
Programmation complète, billetterie et informations pratiques à venir sur le site officiel du festival.

Appel à films 2026
Inscriptions via Short Film Depot
Date limite pour les films achevés en 2025 : 31 mars 2026
Date limite pour les films achevés en 2026 : 8 juin 2026
Films concernés : premiers films européens de fiction en prise de vue réelle, d’une durée maximale de 30 minutes.

Sources

  • Festival européen du film court de Brest / Côte Ouest, appel à films 2026.
  • Films en Bretagne, annonce de la 41e édition du Festival européen du film court de Brest.